Rapport de la réunion de dialogue des quartiers Gare et Ville Haute

La réunion de dialogue du quartier de la Gare et de la Ville-Haute a eu lieu le 13 mai 2014 dans le centre culturel de la Gare. Plus de 40 personnes ont participé à la dernière des 10 réunions de dialogue, qui ont lieu dans le cadre de la révision du PAG de la Ville de Luxembourg. Le grand nombre de participants à cette réunion montre l’intérêt particulier des résidents et visiteurs, qui souhaitent s’investir dans la conception du futur développement de leur quartier respectif.

Après un mot de bienvenue de Lydie Polfer, bourgmestre de la Ville de Luxembourg, Chantal Zeyen du bureau d’études Zeyen+Baumann a brièvement présenté les caractéristiques démographiques de la ville et des quartiers respectifs ainsi que les résultats de l’enquête en ligne des répondants du quartier de la Gare & Ville Haute.

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Par la suite, les personnes présentes ont été invitées à former 4 groupes de discussion, accompagnés par des urbanistes participant à l’élaboration du nouveau PAG de la Ville de Luxembourg. Les membres de ces groupes ont été invités à discuter ouvertement et pendant une heure, sur les sujets suivants :

  • Points forts et faibles de leur quartier respectif,
  • Priorités de développement pour leur quartier respectif,
  • Idées et mesures concrètes pour améliorer la qualité de vie dans leur quartier.

A la fin de la réunion de dialogue, Lydie Polfer a remercié cordialement toutes les personnes présentes d’avoir contribué à cette expérience particulièrement positive. De plus, elle tient à assurer que les remarques, critiques, suggestions et idées seront, dans la mesure du possible, prises en considération lors de l’élaboration du nouveau PAG, qui sera présenté de manière officielle mi-2015. Dès à présent, elle invite le public à la réunion finale qui aura lieu le 1er juillet 2014 à 18h30 au centre culturel « Tramsschapp » au Limpertsberg et qui clôturera le projet de participation citoyenne.

Plusieurs constats et propositions n’ayant pas un rapport direct avec la refonte du PAG ont été relevés au sein des groupes de discussion. Ces constats et propositions ne sont pas repris dans le présent rapport mais seront transmis aux services municipaux compétents.

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Gare et Ville Haute

Les résidents du quartier Gare caractérisent celui-ci comme étant un quartier vivant, cosmopolite et multiculturel qu’ils souhaitent préserver en tant que tel. Le quartier Gare regroupe l’ensemble des infrastructures publiques nécessaire à la vie du quartier, une multitude de commerces, accessibles et variés, ainsi que des restaurants, cafés et autres services à la personne, tels qu’un centre hospitalier, un centre pour personnes âgées, des centres de soins ou de remise en forme, (…).

Le quartier Gare dispose aussi d’une offre culturelle variée et de nombreuses animations attractives et accessibles à tout public. Les espaces de rencontre sont nombreux et conviviaux. La place de Paris dispose de plusieurs commerces, services et cafés – restaurants avec terrasse.

En revanche, les espaces verts publics centraux et accessibles à tous font défaut dans le quartier, à l’exception de la vallée de la Pétrusse qui ceinture la partie nord du quartier. C’est pourquoi, les résidents proposent l’ouverture au public du parc Heinz van Landewyck. Une autre proposition a été de transformer certains intérieurs d’îlot en jardins communautaires.

La vallée de la Pétrusse, barrière physique entre le quartier de la Gare et la Ville Haute, en raison de la topographie abrupte, est un atout incontestable pour le quartier en raison de sa végétation abondante (poumon vert) et des possibilités récréatives qu’elle offre. Les résidents y sont très attachés et souhaitent la préserver dans son état naturel. Ils proposent simplement de compléter l’installation d’espaces récréatifs, et de quelques infrastructures sportives et de loisirs, et de types éléments de fitness de plein-air. Ils souhaitent que cet espace devienne un lieu de rencontre pour les citoyens.

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Le quartier Gare est certainement le quartier le mieux desservi par les transports publics, grâce à la gare ferroviaire, et routière, où circulent plusieurs lignes d’autobus en provenance de l’extérieur de la ville, et grâce à la présence de plusieurs stations vel’oh!. Les connexions inter-quartiers mais aussi les correspondances nationales et internationales sont facilitées. Le quartier Gare profite aussi d’une excellente situation géographique à proximité immédiate du centre-ville, en plus de bénéficier d’un accès direct à l’autoroute A3, respectivement au réseau routier national et international.

Cependant, les résidents constatent un manque d’investissements de la part des pouvoirs publics, en raison de l’absence d’un véritable projet global pour le quartier. Ils se sentent lésés par rapport aux autres quartiers en termes d’équipements publics, notamment concernant le nombre et la qualité des lieux d’accueil pour enfant, par exemple une école primaire dans des constructions préfabriquées depuis 25 ans ou encore l’absence d’aires de jeux. Malgré les atouts cités précédemment, les résidents du quartier Gare dénotent plusieurs problèmes important et ont émis des propositions en ce sens. Un constat récurrent est que ce quartier est peu adapté aux familles avec enfants.

En effet, le quartier Gare recense des problèmes d’insécurité grandissants, liés à la délinquance, à la prostitution ou encore aux trafics de stupéfiants. Depuis quelques années, la délinquance s’est déplacée de la gare vers les secteurs périphériques. Les vols dans les magasins et la mendicité se sont accentués. La prostitution y est en augmentation, notamment dans rue de Strasbourg, avec les problèmes que cela peut engendrer (racolage, toxicomanie, préservatifs usagés, …).

A l’heure de fermeture des bars, cabarets ou discothèques du quartier, les nuisances résultant du tapage nocturne, de la violence et de la suralcoolisation sont en augmentation et sont la cause de nombreuses rixes, altercations ou bagarres, ceci dans certains également vis-à-vis des résidents du quartier.

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La situation est devenue intolérable le week-end dans les rues de Hollerich ou du Fort Neipperg ainsi qu’au carrefour de la rue de Bonnevoie. En conséquence, les résidents se sentent de moins en moins en sécurité, particulièrement pour leurs enfants, à la sortie des écoles ou le soir. Ils estiment que les patrouilles de police sont en nombre insuffisant et peu fréquentes. Pour remédier à ces différents problèmes, plusieurs suggestions ont été émises :

  • Maintenir le bureau de Police dans le quartier, augmenter la présence des forces de l’ordre à pied et des patrouilles policières.
  • Elargir les horaires d’ouverture de la Fixerstuff, voire 24h/24h et réfléchir à l’ouverture d’un 2e établissement de même type.
  • Créer des infrastructures adaptées et fermées pour les travailleurs du sexe afin qu’ils ne soient plus dans la rue, au regard des passants et des enfants.
  • Limiter la zone des travailleurs du sexe pour les éloigner des zones résidentielles.
  • Aménager de nouveaux WC publics gratuits afin d’éviter que certaines personnes fassent leurs besoins dans les entrées des immeubles.
  • Encourager l’installation des bars en dehors des zones résidentielles.
  • Multiplier les endroits où l’on joue de la musique classique, qui, selon des études, a tendance à faire fuir les squatteurs.

La prostitution et la mendicité entrainent des problèmes de propreté de l’espace public (détritus, seringues, préservatifs usagés et autres), notamment sur la place de la Gare et dans les espaces libres privés. Les résidents souhaiteraient que la Ville impose aux promoteurs la mise en place de clôtures pour limiter l’accès aux cours arrières, aux mendiants durant la nuit, et de faire en sorte que lors de la conception des bâtiments, il n’y ait pas d’espaces clos qui favorisent l’installation des vagabonds.

Les résidents sont attentifs à la qualité paysagère de leur quartier et proposent de porter une attention particulière à l’aménagement et au fleurissement des espaces publics. Ils souhaiteraient aussi que la Ville encourage les propriétaires à embellir leurs espaces privés, respectivement les balcons ou terrasses par des plantations, par exemple par le biais de concours inter-quartier.

Les résidents du quartier Gare constatent quand même une amélioration de l’espace public, notamment aux abords de la gare. Ils apprécieraient la verdurisation des espaces publics, notamment la place de Strasbourg. Celle-ci est peu attractive. Quant à la place de Paris, qui est très minérale et très bruyante, les résidents apprécient son animation, commerces, restaurants et cafés. De même pour la place près de l’école primaire dans la rue de Strasbourg, que les résidents souhaiteraient voir réaménagée.

Les résidents suggèrent la tenue d’évènements et d’animation sur ces places, pour les rendre plus attractives, tels que la mise en place d’un marché hebdomadaire sur la place de Strasbourg. Le quartier Gare est particulièrement vivant grâce aux nombreux commerces et établissements de restauration, disséminés sur l’ensemble du quartier. Cependant, les habitants souhaiteraient un élargissement des horaires d’ouvertures des magasins et une requalification des commerces bas de gamme. Selon eux, il y a trop de snacks ou de commerces de moindre qualité. Ils suggèrent également à ce que la Ville reste attentive au montant des loyers des locaux commerciaux afin d’éviter le départ et le turn-over des enseignes, mais aussi pour encourager le maintien ou l’installation des petits commerces de proximité et de besoins quotidiens, de type épicerie ou boulangerie. De plus, ils restent attentifs à la qualité commerciale des enseignes de l’avenue de la Liberté, qui contribue à l’attractivité et ne souhaitent pas une dégradation d’un point de vue “commercial”.

Concernant l’offre de logements dans le quartier, les résidents constatent aujourd’hui que l’offre est inférieure à la demande. Ceci est le résultat en partie de la transformation d’immeubles résidentiels en surfaces de bureaux. Les logements disponibles sont trop petits pour des ménages avec enfants. Certains participants ont fait état que certains garages de type boxe étaient utilisés comme logements.

Les résidents proposent la construction de nouveaux logements, de tailles variées pour accueillir tous les types de ménages, dont les familles avec enfants, et pour garantir une mixité sociale et intergénérationnelle au sein du quartier. Ils suggèrent aussi la mise en place de mesures incitant à ne pas laisser les logements vides, comme une taxe, et de veiller aux prix des loyers afin qu’ils restent abordables pour les ménages vivant dans le quartier Gare.

Concernant le patrimoine architectural, culturel et touristique, les habitants y sont très attachés et restent très vigilants quant à l’évolution du quartier. Ils souhaitent vivement une protection et une sauvegarde du patrimoine bâti et des maisons les plus anciennes, particulièrement avenue de la Liberté, boulevard de la Pétrusse ou rue Adolphe Fischer, où les constructions apportent une très forte identité au quartier et une qualité architecturale élevée.

Pour cela, les habitants souhaitent mettre en place un moratoire sur la démolition des bâtiments anciens et regrettent, par exemple, la démolition de la maison Berbère. Concernant le bâtiment de l’Arbed, ils encouragent la Ville à veiller particulièrement à l’évolution de ce dossier, afin que son architecture soit préservée. Parmi les suggestions d’évolution et de transformation du bâtiment, une auberge de jeunesse ou des infrastructures culturelles permettant l’organisation d’expositions accessibles au public ont été émises. De plus, afin de préserver la qualité paysagère et urbaine du quartier, ils suggèrent que la Ville établisse des campagnes de rénovation des bâtiments et ainsi inciter les propriétaires à entretenir les bâtiments et leur façade.

Concernant la mobilité globale au sein du quartier, les habitants ont constaté une augmentation du trafic en général, avec de plus en plus d’automobiles et de bus, en particulier sur la rue de Hollerich et rue de la Gare, ce qui laisse peu de place aux piétons et cyclistes. Ils souhaitent qu’un véritable concept de mobilité soit envisagé, que la Ville réfléchisse à la place à donner aux voitures et aux bus sur certains secteurs et à redonner l’espace aux piétons. En effet, les abords de la gare sont sujets à des problèmes de congestion du trafic, particulièrement aux heures de pointes. Les habitants proposent qu’une zone délimitée autour de la gare devienne un quartier sans voiture, afin de faciliter la desserte des bus et le déplacement des piétons, notamment celui des personnes à mobilité réduite et des personnes âgées.

Les résidents du quartier relèvent également l’absence d’un véritable réseau de mobilité douce, plus particulièrement des pistes cyclables. Celles-ci peuvent être interrompues à certains endroits ou non sécurisées, notamment sur le pont bleu provisoire. Les passages pour piétons ont tendance à disparaître. Les participants à la réunion souhaitent l’aménagement d’un réseau de mobilité douce et ainsi de meilleures connexions cyclables entre les quartiers Gare et Bonnevoie. Ils proposent également de laisser la possibilité aux vélos de circuler sur les voies réservées aux bus et de créer des emplacements sécurisés et abrités pour le stationnement des vélos.

Concernant les transports en commun, les habitants de la Gare sont favorables au projet du tram et encouragent vivement la Ville à commencer rapidement les travaux concernant le tronçon du tram de la Gare vers le Kirchberg. Ils estiment bénéfique pour le quartier, le déplacement des grands P+R en périphérie de la ville, qui permettra de désengorger le quartier et dont les utilisateurs pourront profiter d’une bonne desserte du tram. Cependant, ils constatent aujourd’hui que les transports en commun sont peu adaptés aux personnes à mobilité réduite ou avec poussette. Ils souhaitent un élargissement des horaires de desserte et davantage de transports nocturnes. Ils proposent la mise en place d’un système de Carsharing, de type location de voitures électriques.

Concernant le stationnement dans le quartier gare, les résidents constatent une pénurie de parking résidentiel, souvent utilisées par les travailleurs ainsi que des délais de stationnement trop court pour les résidents, 2h maximum à certains endroits. De plus, les aires de stationnement sont souvent trop petites ou inadaptées dans certaines rues trop étroites, par exemple rue du Fort Neipperg ou rue de Strasbourg. En conséquence, de plus en plus de parkings sauvages se développent dans le quartier.

Les résidents souhaiteraient que le stationnement soit ouvert aux résidents dans tout le quartier, même dans les zones rouges, et la mise en place d’un système de P+R spécifiquement adapté aux résidents ou l’instauration d’une vignette pour résidents au parking Bouillon, afin qu’ils puissent laisser leur voiture sur une plus longue période. Cette solution permettrait de désengorger le quartier, notamment pour ceux qui utilisent peu leur voiture. Certains résidents ont proposé la mise en place d’un système de péage/vignette pour entrer dans la Ville pour les non résidents.

En conséquence, cette hausse du trafic depuis les dernières années entraîne une augmentation des nuisances sonores et de la pollution de l’air, aussi bien causées par le nombre croissant de bus que des automobiles de grosse cylindrée. De plus, les limitations de vitesse sont peu respectées, c’est pourquoi les résidents souhaitent l’étendue des zones 30 avec une meilleure signalisation, voire la mise en place de mesures répressives. Cette solution permettra aussi de dissuader les non résidents d’utiliser les petites rues résidentielles comme des raccourcis et ainsi, de diminuer le trafic non désiré.

En raison de la présence d’un seul résident de la Ville Haute, ce quartier n’a pas pu être traité avec la même rigueur que les autres quartiers de la Ville. C’est pourquoi, une seule remarque a été émise : Le quartier est dépeuplé le soir, en raison du faible nombre de résidents par rapport à la population active le jour.