Rapport de la réunion de dialogue des quartiers Mühlenbach et Rollingergrund

En date du 27 mars 2014, les résidents des quartiers Rollingergrund et Muhlenbach ont été invités à venir participer à la deuxième des 10 réunions de dialogue que la Ville de Luxembourg organise dans le cadre du processus de révision du PAG de la capitale. En somme, une trentaine de résidents ont été présents lors de cette réunion afin de partager leurs idées et suggestions par rapport à la conception future de leur quartier.

Après un mot de bienvenue de Lydie Polfer, bourgmestre de la Ville de Luxembourg, Chantal Zeyen du bureau d’études Zeyen+Baumann, a brièvement présenté les caractéristiques démographiques de la ville et des quartiers respectifs, ainsi que les résultats de l’enquête en ligne des répondants des quartiers Mühlenbach & Rollingergrund.

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Ensuite, les personnes présentes ont été invitées à former 3 groupes. Accompagnés par des urbanistes impliqués dans l’élaboration du nouveau PAG de la Ville de Luxembourg, les membres de ces groupes ont été invités à discuter, ouvertement pendant une heure, sur les sujets suivants :

  • Points forts et faibles de leur quartier respectif
  • Priorités de développement pour leur quartier respectif
  • Idées et mesures concrètes pour améliorer la qualité de vie dans leur quartier

A la fin de la réunion de dialogue, Lydie Polfer a remercié cordialement toutes les personnes présentes d’avoir contribué à cette expérience particulièrement positive. De plus, elle tient à assurer que les remarques, critiques, suggestions et idées seront dans la mesure du possible prises en considération lors de l’élaboration du nouveau PAG qui sera présenté de manière officielle mi-2015. Dès à présent, elle invite le public à la réunion finale qui aura lieu le 1 juillet 2014 à 18h30 au centre culturel « Tramsschapp » au Limpertsberg  et qui clôturera le projet de participation citoyenne.

Plusieurs constats et propositions n’ayant pas un rapport direct avec la refonte du PAG ont été relevés au sein des groupes de discussion. Ces constats et propositions ne sont pas repris dans le présent rapport dans leur ensemble, mais seront transmis aux services municipaux compétents.

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Rollingergrund

En ce qui concerne le développement urbain de leur quartier, les résidents du Rollingergrund ont constaté une évolution positive au cours des 10 dernières années. Ils considèrent que leur quartier offre une qualité de vie très agréable et que sa localisation à proximité du centre-ville est un atout majeur.

La proximité du Parc Tony Neuman au Limpertsberg et les versants boisés sont des atouts du quartier. En plus des espaces verts existants, de nombreux sentiers en site propre offrent de bonnes liaisons inter quartier pour les piétons et cyclistes, par exemple vers le Glacis à partir de la rue Jean-François Boch.

Un autre point positif est le caractère villageois de certaines parties du Rollingergrund, comme la rue Jean-François Boch, la rue Um Knaeppchen, la Montée des Tilleuls,… C’est cette richesse du patrimoine bâti qui est une des principales caractéristiques du quartier.

Dans cette logique, les résidents souhaitent que la construction de nouveaux logements, l’entretien et la rénovation des constructions existantes tiennent davantage compte des caractéristiques du bâti et du tissu urbain existant. Afin de garantir la sauvegarde et la mise en valeur des nombreuses bâtisses qui témoignent de l’histoire du quartier, les résidents demandent que PAG prévoie des mesures concrètes protégeant le bâti existant voire l’identité du quartier.

Bien que beaucoup de participants pensent que l’offre en termes de logements n’est pas suffisante, et souvent peu adaptée aux besoins des familles, il y a consensus pour dire que le développement, voire une densification douce du quartier, ne doit pas se faire systématiquement par la construction de résidences de très grands gabarits, qui sont souvent incompatibles avec le caractère villageois que les résidents souhaitent maintenir.

Au contraire, les nouvelles constructions doivent s’intégrer de manière harmonieuse dans le tissu bâti existant. Un manque d’harmonie entre les nouvelles constructions et les constructions existantes déstructure le tissu urbain du quartier, par exemple par la différence importante de la hauteur. Ceci est notamment le cas pour les nouvelles constructions dans le Val Saint André et le Val Fleuri.

Comme le quartier s’articule le long de la rue de Rollingergrund, beaucoup de résidents sont exposés aux nuisances de la circulation. En plus du manque d’emplacements de stationnement, le volume considérable du trafic pendant les heures de pointes, l’augmentation du nombre de poids lourds et les excès de vitesse fréquents sur cette rue principale et dans les quartiers résidentiels périphériques créent des problèmes de sécurité routière, entre autre pour les cyclistes et piétons.

Concernant les transports en commun, les résidents sont satisfaits de l’offre, sauf pour le Reckenthal où l’offre est jugée insuffisante. Il manque également de liaisons directes vers les quartiers voisins.

Le concept de mobilité devra prévoir des mesures d’apaisement du trafic, par exemple des rétrécissements de la chaussée, des améliorations pour la mobilité douce et élargissement des trottoirs. Ces mesures permettent d’augmenter la sécurité des piétons et cyclistes et de favoriser les trajets sans voitures au sein du quartier. Ainsi la piste cyclable Eich-Rollingergrund-Centre-Ville est interrompue à plusieurs reprises par le réseau routier, p.ex. à la place de l’étoile à partir de la place Maurice Pescatore.

Concernant la mixité des fonctions dans le quartier, les participants ont relevé le manque de lieux de rencontres et de commerces de proximité. La question était de savoir s’il était possible de remédier à cette situation comme  la population du quartier est assez faible et une plus grande offre en commerces de proximité générera encore plus de flux de trafic et intensifiera davantage le manque en places de stationnement. Un autre problème est celui de l’état des infrastructures scolaires comme notamment l’école primaire, qui est fortement critiqué par les parents.

Concernant la revalorisation du site Villeroy&Boch, les résidents ont proposé d’y développer un nouveau centre de quartier à vocation mixte comprenant des logements, des commerces, des entreprises, des services, des équipements publics, ainsi que des espaces libres de qualité ; parc, place publique, maillage écologique avec les versants de vallée déjà boisés. Plusieurs projets concrets ont été mis en évidence comme ; des logements pour jeunes ou étudiants qui pourraient bénéficier de loyers adaptés à leur situation financière particulière, une pépinière d’entreprises, un espace culturel, une bibliothèque de quartier, (…). L’objectif formulé par les résidents est de trouver une solution qui s’intègre dans le tissu de Rollingergrund/ Muhlenbach et de ne pas créer un îlot monofonctionnel avec une densité trop élevée et sans rapports aux structures existantes.

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Muhlenbach

En général, les résidents du quartier Muhlenbach se sentent à l’aise dans leur quartier, qui est caractérisé par de nombreux espaces verts (Eicherfeld et Bambësch), une offre généreuse en aires de jeux, une proximité avec le centre-ville et leur lieu de travail ainsi qu’une tranquillité surprenante compte tenu de sa situation en plein milieu de la capitale.

Afin de garantir une apparence homogène et adaptée du bâti existant dans le quartier, les résidents suggèrent de continuer à construire selon une certaine typologie du bâti, c’est-à-dire des maisons unifamiliales. Dans cet esprit, ils rejettent l’idée de la construction de résidences supplémentaires (présentant un gabarit plus important), surtout dans la rue J.P.-Huberty, jonchée de maisons unifamiliales.

Le Muhlenbach a l’image d’un “quartier dortoir” qui s’exprime par un manque de vie sociale et de vie associative. Afin de réanimer celles-ci, les résidents s’expriment en faveur de l’aménagement d’un lieu de rencontre, d’un centre culturel ou d’une place publique. Dans le but d’assurer plus de cohésion sociale et au vu du besoin de l’intégration des nouveaux résidents dans le quartier, les résidents proposent d’intensifier les activités du CAPEL et les ouvrir d’avantage pour les habitants du quartier.

Un autre aspect est l’offre commerciale insuffisante, notamment des commerces de proximité. Vu la faible densité de population dans le quartier, les résidents se demandent si une telle activité commerciale pourrait être réalisée. Il faudra trouver, d’une part, le juste milieu entre l’aménagement de logements et, d’autre part, la mise en place d’une offre commerciale et des espaces publics adaptés aux besoins du quartier. Un lieu suggéré dans ce sens pourrait être près de la jonction entre la rue J.P.-Huberty et la rue des Sept Arpents près de l’église, qui se prêterait parfaitement à un tel développement mixte.

Une autre suggestion émise à ce sujet a été la valorisation de l’ancien territoire de Villeroy&Boch, p.ex. par le biais de l’aménagement d’un parc. Des espaces de rencontre (p.ex. pour les associations) dans le cadre d’un centre culturel pourraient enrichir la vie sociale de Muhlenbach et Rollingergrund.  Les résidents recommandent de combiner la mise en place d’un parc avec une piste cyclable le long de la Millebach, dont le tracé pourrait relier le quartier au nouveau parc, au centre-ville et aux quartiers environnants. Dans le cadre de cette mesure, la Millebach qui est actuellement canalisée pourrait être renaturée et mise en valeur.

En termes de mobilité, les résidents ont voulu attirer l’attention de la Ville de Luxembourg sur le trafic de transit (entre autres camions) ainsi que la pénurie d’emplacements parking dans le quartier. Afin de réagir aux excès de vitesse, surtout dans les zones limitées à 30km/h, les résidents revendiquent des mesures d’apaisement du trafic, entre autres des contrôles plus fréquents.

La situation de l’Eicherfeld a été thématisée à plusieurs reprises. Bien que ce lieu soit un des principaux espaces verts du quartier, il est difficilement accessible  à pied ou en vélo. Ainsi, les résidents regrettent le manque de connexions en termes de transport public et de mobilité douce vers ce lieu de détente particulièrement apprécié. A cela, s’ajoute le fait que les routes menant vers l’Eicherfeld sont caractérisées par un trafic de transit et de fréquents excès de vitesse, sources de danger pour les piétons et cyclistes. Afin de protéger le territoire de l’Eicherfeld, les résidents souhaitent une stricte interdiction d’y construire.

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