Rapport de la réunion de dialogue du quartier Limpertsberg

La huitième réunion de dialogue du quartier de Limpertsberg a eu lieu le 6 mai 2014 dans le Hall Victor Hugo. Plus de 120 personnes ont participé à la huitième des 10 réunions de dialogue, qui ont lieu dans le cadre de la révision du PAG de la Ville de Luxembourg. Le grand nombre de participants à cette réunion montre l’intérêt particulier des résidents et visiteurs, qui souhaitent s’investir dans la conception du futur développement de leur quartier respectif.

Après un mot de bienvenue de Lydie Polfer, bourgmestre de la Ville de Luxembourg, Chantal Zeyen du bureau d’études Zeyen+Baumann a brièvement présenté les caractéristiques démographiques de la ville et des quartiers respectifs ainsi que les résultats de l’enquête en ligne des répondants du quartier de Limpertsberg.

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Par la suite, les personnes présentes ont été invitées à former 6 groupes de discussion, accompagnés par des urbanistes participant à l’élaboration du nouveau PAG de la Ville de Luxembourg. Les membres de ces groupes ont été invités à discuter ouvertement et pendant une heure, sur les sujets suivants :

  • Points forts et faibles de leur quartier respectif,
  • Priorités de développement pour leur quartier respectif,
  • Idées et mesures concrètes pour améliorer la qualité de vie dans leur quartier.

A la fin de la réunion de dialogue, Lydie Polfer a remercié cordialement toutes les personnes présentes d’avoir contribué à cette expérience particulièrement positive. De plus, elle tient à assurer que les remarques, critiques, suggestions et idées seront, dans la mesure du possible, prises en considération lors de l’élaboration du nouveau PAG, qui sera présenté de manière officielle mi-2015. Dès à présent, elle invite le public à la réunion finale qui aura lieu le 1er juillet 2014 à 18h30 au centre culturel « Tramsschapp » au Limpertsberg et qui clôturera le projet de participation citoyenne.

Plusieurs constats et propositions n’ayant pas un rapport direct avec la refonte du PAG ont été relevés au sein des groupes de discussion. Ces constats et propositions ne sont pas repris dans le présent rapport mais seront transmis aux services municipaux compétents.

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Limpertsberg

Les résidents du Limpertsberg apprécient la tranquillité de ce quartier et bénéficient d’une situation géographique privilégiée, ceinturée par le milieu naturel, la forêt, et à proximité du centre-ville et du Kirchberg. Le Limpertsberg offre une très bonne qualité de vie et une ambiance conviviale, grâce aux nombreuses infrastructures publiques, telles que les différents campus scolaires, et grâce aux offres culturelles diversifiées. Ce quartier est particulièrement bien adapté aux familles avec enfants, mais il se distingue aussi par une structure démographique équilibrée et cosmopolite. La présence de la forêt ceinturant le tissu bâti participe fortement à la qualité de vie et paysagère du quartier.

En revanche, les habitants du quartier dénoncent une forte augmentation des prix de l’immobilier, notamment en raison du nombre insuffisant de logements par rapport à la place prépondérante des bureaux ainsi qu’une importante hausse du trafic et des nuisances qui en découlent. C’est pourquoi, les résidents souhaitent que des mesures soient mises en place pour garantir un apaisement du trafic. Pour éviter la spéculation foncière dans le quartier, les résidents souhaitent maintenir la place prédominante aux logements et diminuer les surfaces de bureaux.

D’un point de vue urbanistique et architectural, les résidents du Limpertsberg souhaitent vivement que le patrimoine bâti et le tissu bâti soient préservés et mis en valeur, particulièrement les intérieurs d’îlots en jardin ou les anciennes bâtisses construites avant les années 1940. Ces éléments identitaires contribuent fortement aux caractéristiques qualitatives du quartier.

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C’est pourquoi, les résidents recommandent le maintien de la maison unifamiliale comme type d’habitation prioritaire, une meilleure intégration des nouvelles constructions dans l’environnement urbain, un respect de la structure urbaine en présence et la mise en place de règles strictes concernant l’esthétisme des nouvelles constructions. En effet, les maisons dernièrement construites ne sont pas adaptées au patrimoine bâti et s’intègrent peu dans le tissu bâti existant. Il est proposé de maintenir la hauteur existante des bâtiments pour ne pas encourager la démolition des bâtiments existants.

Concernant le développement du quartier, les habitants du Limpertsberg souhaitent une redynamisation du quartier, particulièrement dans son centre, l’installation de nouveaux commerces de proximité, mais aussi de prévoir des espaces pour l’aménagement de nouveaux équipements publics, notamment lors de la réalisation de nouveaux projets. Ils apprécieraient l’aménagement ou le réaménagement de lieux de rencontre plus conviviaux, verdoyants et plus adaptés aux manifestations du quartier, par exemple :

  • aménager une place centrale et organiser un marché hebdomadaire, sur la place du Hall Victor Hugo.
  • rénover les façades du Hall Victor Hugo.
  • aménager un lieu spécifiquement adapté à la rencontre des jeunes et pour le sport, qui fait actuellement défaut dans le quartier.
  • sécuriser le square Edouard André avec un éclairage public correct.
  • réaménager la place du Glacis et mettre en souterrain l’actuel parking. Ainsi, la place serait mise en valeur par un vrai concept urbanistique et paysager. Des manifestations pourraient être organisées de façon plus régulière, comme la tenu d’un marché hebdomadaire, ce qui rendrait le quartier plus attractif et vivant.
  • améliorer l’espace public rue de la Faïencerie.

Par ailleurs, les résidents proposent que la Ville et l’Etat coopèrent davantage concernant les terrains appartenant à l’Etat pour faciliter la réalisation de projets d’habitation contemporain. Dans la perspective du développement durable, les résidents souhaitent que la planification de la Ville et du quartier s’adapte au changement climatique et que la mixité sociale soit davantage encouragée lors de la réalisation de nouveaux projets. Enfin, ils souhaitent que la densité des nouveaux projets ne soit pas supérieure au tissu bâti existant, particulièrement dans le secteur du Rollingergrund, où la circulation y est déjà difficile.

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Concernant les espaces libres de la rue Siggy vu Lëtzebuerg, les habitants souhaitent vivement que le concept urbanistique respecte la situation en bordure de forêt, qu’une attention particulière soit donnée à la densité, aux gabarits ainsi qu’aux règles esthétiques des nouvelles constructions. Ils suggèrent aussi que cet espace ne soit pas complètement bâti et qu’une surface dédiée aux jardins familiaux soit préservée.

Malgré la rénovation récente de la place Auguste Laurent et la mise en valeur du bâtiment du Lycée de Garçons, celle-ci n’a pas été conçue comme un lieu de rencontre convivial où l’on peut y flâner et accueillir des événements citoyens. En effet, sa conception en elle-même, la disposition des bancs ou des bornes pour l’éclairage public, l’absence d’éléments de jeux pour les enfants, la rend froide, peu accueillante et difficile à utiliser. La circulation y est difficile au niveau des arrêts d’autobus, en raison de l’impossibilité de dépassement, quand les bus sont aux arrêts. Les habitants proposent qu’elle soit partiellement repensée et que l’actuelle stationnement vis-à-vis du Hall Victor Hugo soit intégrée dans un concept urbanistique global. Ils suggèrent l’aménagement d’une ou deux voies d’arrêts d’autobus pour faciliter la circulation sur ce secteur et l’installation d’un kiosque avec terrasse qui rendrait la place plus attractive et dynamique.

Mis à part le secteur du Glacis, le quartier du Limpertsberg dispose d’une faible offre commerciale et peu diversifiée, principalement en raison des loyers peu abordables pour des locaux commerciaux. Les loyers très élevés ont pour conséquence de faire partir les quelques commerces de proximité existants, qui sont remplacés par des agences immobilières et des bureaux professionnels qui n’ont aucune relation avec la vie de quartier. Les résidents souhaitent donc encourager le maintien des commerces existants mais aussi l’installation de nouveaux commerces, notamment dans le secteur nord du quartier, où l’on retrouve le plus de population.

Les habitants du Limpertsberg apprécient particulièrement le cadre verdoyant de ce quartier, qu’il souhaite sauvegarder et mettre en valeur au maximum. La présence de la forêt, qui permet de créer une ceinture verte autour du quartier, doit être préservée et mise en valeur, notamment aux abords du tissu bâti. Les résidents souhaitent que les nouveaux projets urbanistiques ne portent aucunement atteinte à la forêt et que le parc Neuman soit préservé et, qu’un jardin botanique y soit aménagé.

Les jardins communautaires existants contribuent positivement à l’animation et à la qualité de vie du quartier. C’est pourquoi les habitants saluent cette initiative, souhaitent que les jardins existants soient maintenus et que de nouveaux jardins soient créés. Certains résidents ont fait la proposition que la rose soit mise à l’honneur dans le quartier, en référence au passé.

Les habitants du Limpertsberg profitent largement des différents sites scolaires, tels que les écoles primaires, les lycées ou l’université ainsi que les structures d’accueil pour les enfants en bas âge. Compte tenu de la croissance démographique prévue dans le quartier, les résidents se posent la question à savoir si le développement des infrastructures scolaires suivra le rythme de développement démographique du quartier et souhaiteraient que les nouveaux équipements soient prévus au sein des nouveaux projets d’habitation. Des surfaces d’une taille suffisante doivent être réservées en ce sens.

Il y a eu une demande spécifique de la part d’un groupe de parents francophones pour la mise à disposition d’un bâtiment scolaire inutilisé par la Ville, pour accueillir l’école primaire française privée « Charlemagne », qui devra déménager de son site actuel au Limpertsberg à court terme.

Par ailleurs, l’offre en matière d’accueil des enfants avant et après l’école n’est pas suffisante et les habitants souhaitent la création de nouvelles crèches ou foyers périscolaires en site propre, et non la transformation de maison d’habitation en crèches privées dans les quartiers à vocation d’habitation uniquement.

Les résidents proposent aussi que les infrastructures sportives, telles que la piscine, soient ouvertes au public en dehors des horaires scolaires afin d’en profiter pleinement. Enfin, il serait nécessaire d’améliorer l’offre de restauration scolaire pour les élèves et les étudiants.

En revanche, les aires de jeux et les infrastructures sportives ou de loisirs de plein air pour enfants et adolescents font défaut dans certains secteurs du quartier. Les résidents du Limpertsberg souhaitent que, dans les projets à venir, des surfaces soient prévues pour la réalisation d’espaces verts de rencontre, pour la conception de nouvelles aires de jeux adaptées aux jeunes enfants, notamment près des écoles primaires Henri VII et Waldorf, mais également des infrastructures adaptées aux adolescents.

Le trafic de transit est perçu comme un problème important dans le quartier, entre autre dans le secteur du Glacis et le long des rue Victor Hugo et de la Faïencerie, et des solutions pour une réduction du trafic et son apaisement est souhaité. Les habitants recensent des nuisances importantes liés au trafic routier ; bruit, pollution atmosphériques, congestion du trafic, comportement des automobilistes, vitesse excessive, insécurité, …

Les habitants proposent l’élaboration d’un concept global de mobilité, à l’intérieur du quartier et vers/en provenance des autres quartiers, qui tienne compte des déplacements des piétons, particulièrement des enfants vers les écoles, des cyclistes, des problèmes de stationnement, de la desserte des transports publics et de la place de la voiture particulière par rapport au piéton. Par ailleurs, en raison du comportement imprudent des automobilistes et des excès de vitesse fréquents, des mesures doivent êtres envisagées afin de sécuriser le déplacement des piétons et des cyclistes.

Il est important d’avoir plusieurs écoles de quartiers pour accueillir tous les enfants, mais cette situation engendre un trafic important et des problèmes de congestion aux abords des différents sites, notamment en raison du nombre important des voitures particulières qui déposent les enfants mais aussi en raison des transports scolaires. Pour remédier, dans un premier temps, aux problèmes de circulation aux abords des écoles, il faudrait favoriser les inscriptions des enfants dans les écoles en fonction de leur lieu de résidence, respectivement de la situation géographique, afin qu’ils puissent y aller à pied et envisager l’aménagement d’aire de stationnement spécifiques pour les parents de type ″Kiss & Go″.

Il apparait nécessaire de concevoir un réseau de mobilité douce, notamment les connexions inter- et intra quartiers. Les habitants souhaitent améliorer et sécuriser les liaisons piétonnes vers les espaces publics, respectivement vers les différentes écoles, lycées ou campus universitaire ainsi que vers le Parc Neuman ou les espaces verts récréatifs. Ils proposent de redonner la priorité aux piétons sur certains secteurs du quartier, notamment au rond-point Schumann, en élargissant les trottoirs et en augmentant le nombre de passages sécurisés pour les piétons.

Le réseau de mobilité douce doit être complété et de vraies pistes cyclables doivent être aménagées, notamment rue de la Faïencerie, où les vélos circulent actuellement sur les trottoirs, ou vers le Kirchberg. Il s’avère particulièrement dangereux de circuler en vélo aux heures de pointe dans certains secteurs.

Concernant la desserte des transports publics, il paraît nécessaire de réorganiser l’ensemble des transports publics dans le quartier en vue de la mise en service du futur tram et des problèmes relevés. Les principaux problèmes qui ont été relevé sont ; le nombre trop important d’autobus aux heures de pointe, l’absence de desserte directe vers les quartiers limitrophes, dont le Kirchberg, les conflits entre transport public et trafic motorisé et le nombre important de bus pour le transport scolaire qui traverse le quartier.

Il est ressorti qu’il y a des problèmes de sécurité près de certains arrêts, lorsque l’autobus s’arrête pour faire descendre les passagers et que les voitures dépassent l’autobus par la gauche avant qu’il ne reparte. Il est arrivé que des piétons soient presque heurtés par la voiture qui dépassait l’autobus. Pour cela, les habitants proposent d’aménager des arrêts de bus en encoche, afin que le bus ne gêne pas la circulation des automobiles et ne crée pas de bouchons supplémentaires lorsqu’il est aux arrêts. Ils suggèrent aussi que les autobus, notamment ceux des transports scolaires, utilisent les axes principaux au lieu des axes secondaires, pour éviter les nuisances sonores et olfactives dans les secteurs résidentiels.

Concernant le transport scolaire, les résidents ont proposé de créer deux terminus pour les autobus scolaires, respectivement un premier au Glacis pour desservir les lycées Schuman, de Garçons et des Arts et Métiers et un second derrière le lycée Michel Lucius pour desservir cette partie du quartier. Ainsi, les étudiants pourraient se rendre à pied vers leur lycée respectif et les autobus ne seraient plus obligés de traverser le quartier. Il est également ressorti que, malgré le nombre important d’autobus pour le transport scolaire, il est difficile de monter dans certains autobus de ligne, étant donné que ceux-ci sont souvent utilisés par les étudiants.

De manière générale, le manque d’emplacements de stationnement sur le domaine public, pour les besoins résidentiels et à proximité des équipements publics, commerces et services, est un problème constant pour les résidents du quartier et les visiteurs. Il apparaît nécessaire de développer un concept de stationnement autant sur le domaine public que sur les terrains privés, sans engendrer de problèmes de trafic supplémentaires ; comme une réaffectation ou un encombrement des espaces libres, ou encore une augmentation du trafic à la recherche d’un emplacement.

Les habitants du Limpertsberg craignent que la réalisation de nouveaux projets résidentiels et, par conséquent, l’arrivée de nouveaux habitants, engendre des problèmes supplémentaires de circulation, que ce soit par une augmentation du trafic que par la raréfaction des emplacements de stationnement.

La tenue de la Schueberfouer au mois d’août sur le Glacis contribue à l’animation du quartier, mais engendre malgré tout des nuisances non négligeables pour la qualité de vie des résidents. Ceux-ci proposent que des mesures soient prises afin de remédier aux problèmes persistants, telles que les nuisances sonores, celles concernant la propreté et le bruit, liées aux attractions mais aussi dues aux visiteurs ainsi que le stationnement des visiteurs et des forains, qui a tendance à se faire de façon anarchique. Une solution doit être envisagée pour que les forains ne stationnent plus leurs roulottes dans le quartier, en raison d’un manque de place évident. Des habitants ont suggéré que les forains s’installent sur le parking de la foire au Kirchberg, qui dispose de plus de place et qui est facilement accessible depuis le Glacis. Une campagne doit être faite pour encourager le stationnement des visiteurs dans les P&R et l’utilisation des navettes.